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02/06/2006 >> IVY, Itinéraire d'une femme passionnée

Itinéraire d’une femme passionnée

Elle s’appelle Ivy Saïtta et commence à se faire un sacré nom dans le milieu très fermé des agences de mannequins officielles en Belgique. Son agence, TDM Agency, n’a que six mois et pourtant elle connaît une fulgurante ascension. Son secret ? Ivy nous le livre à travers une rencontre qui la révèle entière et passionnée.

Mannequin. Ce seul mot fait rêver des milliers de jeunes filles avides de paillettes et de glamour. Pourtant, seul un petit nombre d’entre elles accédera au sésame : être acceptée dans une agence. Et pour cause puisque les critères de sélection de plus en plus impitoyables imposés par les diktats de la mode réservent l’accès aux podiums à une élite.

A cette réalité, Ivy Saïtta, ne se soumet pas. A 33 ans, cette jeune femme à la forte personnalité fait montre d’une volonté de fer. Les cheveux d’un noir de jais, la peau mate et les yeux bleus charbonneux, elle a un physique que l’on remarque et qu’elle entretient savamment par un look très personnel et tout à son image. Volubile, on sent d’emblée son besoin de communiquer, de défendre ce en quoi elle croit. A la voir, à l’écouter, on comprend mieux son parcours, ses choix, et surtout, cette indépendance d’esprit qui la guide sans cesse.

Lorsqu’elle décide, en octobre 2005, de lancer son agence de mannequins, c’est avec la certitude qu’il y a place pour beaucoup plus de personnes que ne veulent le prétendre les agences existantes. Le risque est pourtant réel car en plus de ce pari déjà audacieux, Ivy a choisi d’implanter son agence à Namur, petite ville de province mais surtout « sa ville ». A cette époque, aucune autre agence n’y est implantée et celle d’Ivy serait donc la première. Mais, si la petite cité nichée en bord de Meuse offre bien des atouts, elle ne brille cependant pas par son ancrage dans le milieu de la mode et est à mille lieux des événements et des atouts artistiques ou festifs qu’offre la capitale, Bruxelles.
Pourtant, Ivy y croit. La demande est là bien sûr mais le potentiel, elle le décèle aussi et dans des domaines divers. Aussi, décide-t-elle de ne pas cloisonner son agence en développant sa propre école qui propose d’emblée plusieurs départements : mannequins (hommes, femmes, enfants, XXL), hôtesses/stewards et people. Et, comme Ivy est adepte du dicton qui veut qu’on est jamais mieux servi que par soi-même, elle se lance, dans la foulée, dans l’organisation d’événements ! Une manière de se faire connaître, d’assurer sa propre publicité mais aussi et surtout une façon d’assouvir son inépuisable soif de contacts et de création !
Attirée depuis toujours par le milieu artistique, Ivy est venue à la mode un peu par hasard et de façon finalement naturelle : goûtant au chant, à la danse, elle aime les spectacles et se fait d’ailleurs remarquer dès l’âge de 6 ans en défilant sur un char lors d’une manifestation locale. Dès lors, sans être attachée à une agence, fonctionnant à l’envie et au coup de cœur, elle enchaîne diverses prestations durant quelques années : défilés en discothèques, photos, élections de miss,… Elle qui fonctionne à l’instinct et à la passion, finit cependant par se lasser progressivement : « Ce sont les choses de la vie » dit-elle simplement. Elle se lance dans des études liées à l’accueil et sa vie prend un tout autre tournant. Devenue assistante de ministre, elle occupe désormais des fonctions certes liées aux relations publiques mais bien loin des paillettes de la mode.
Après quelques années au ministère, Ivy se sent gagnée par l’envie de revenir à ses premières amours : la mode. Elle met donc sa carrière au ministère entre parenthèses. Puis, préférant procéder par étape, elle décide d’ouvrir sa boutique de mode à Namur : « Terra di Moda ». Le nom est évocateur et la petite enseigne a pour vocation de conjuguer « l’originalité italienne et le fashion parisien ». Succès rencontré. Ivy se fait connaître parmi les commerçants et la population. Elle noue également d’étroits liens dans le milieu de la mode et des stylistes. Forte de ces connaissances, de son expérience personnelle dans le domaine (elle avait déjà ouvert une agence d’hôtesses à Namur en 1998 mais ses activités prenantes auprès du ministère ne lui avaient alors pas permis de continuer) et des confidences de ses clientes, la voilà convaincue de la nécessité d’une agence de mannequins à Namur. Encouragée de toutes parts, elle franchit le pas et lance enfin « son » agence : « TDM Agency ».
La suite ressemble à un rêve éveillé. Des castings qui ne désemplissent pas, des demandes par centaines, des contrats qui affluent spontanément et le bouche-à-oreille qui joue un rôle inespéré. L’agence prend son envol et Ivy est aux anges. Son instinct ne l’a pas trompée. Son travail a été payant. Mais surtout, ses capacités d’organisation et de coaching font merveille. Dès le début, elle prend le parti de ne pas se limiter aux critères requis pas les agences traditionnelles. « Les agences de même que les vêtement haute couture s’adressent à des personnes de minimum 1,75m, contrairement aux magasins qui proposent plus des tailles 38/40 ou même 42 correspondant bien plus aux réalités de la femme. La plupart des jeunes filles mesurent plutôt 1,65m. Je devais en tenir compte ».
Ainsi son agence est-elle ouverte à tous, sans critère d’âge, de taille ou de poids, chacun trouvant bien sa place dans un des secteurs couverts par l’agence. Mais attention, Ivy a des critères de sélection bien à elle et la personnalité de celles et ceux qui veulent rejoindre son agence en fait partie. Ainsi, les filles, « mes filles » comme elle se plaît à les appeler, doivent, outre leurs atouts physiques, avoir avant tout « la tête sur les épaules. Ainsi, « si leur ambition est légitime et leur envie de gagner de l’argent aussi, elles ne doivent pas brûler les étapes. Je suis là pour les guider et j’attends d’elles qu’elles suivent ma façon de faire ». Pas question en effet que « ses filles » ne dérapent en tombant dans les à-côtés parfois bien sales de l’industrie de la mode.
Le credo que martèle sans cesse Ivy : « vous ne devez pas enlever vos vêtements pour réussir ». Révoltée par l’exploitation de jeunes filles crédules par des personnages sans scrupules, elle fixe clairement les limites. Née de parents siciliens qui lui ont donné une éducation heureuse mais stricte, Ivy Saïtta sait ce que signifie le sens des valeurs. Aussi a-t-elle pris le parti d’appliquer sa philosophie de vie à sa vie professionnelle « mon agence tourne bien car les règles sont bien respectées. Je cadenasse tout, je fais le gendarme mais c’est pour le bien des filles. Elles me reprochent d’être dure mais je veux les protéger et leur apprendre ce qu’est le travail. Je peux très bien rompre un contrat si une fille adopte une attitude déplaisante, n’est pas sympa avec les autres filles ou se permet de faire des caprices injustifiés en se prenant déjà pour une star. Je préfère arrêter de travailler avec elle même si c’est une superbe fille promise à un bel avenir».
Cette attitude étonnante révèle une approche commerciale toute particulière mais qui fait ses preuves : « on me dit souvent que mes filles sont belles mais sympas, simples et qu’elles ne se prennent pas la tête. Elles se prêtent au jeu facilement, contrairement aux mannequins d’autres agences qui ont leurs exigences. Les gens préfèrent souvent travailler avec elles. Pour moi, c’est la meilleure image à faire valoir auprès des clients ». Elle connaît chacune des filles et ses caractéristiques : « chez moi, les personnes ne sont pas des numéros ». La collaboration, le contact et le respect : c’est ce qu’elle attend d’elles. Ces qualités semblent essentielles pour elle qui veut leur donner tous les atouts pour réussir.
Sa plus grande joie aujourd’hui, « c’est de voir les yeux des filles qui brillent quand elles sont contentes ». Elle qui dit avoir la chair de poule lorsque des mamans la remercient de réaliser le rêve de leur fille tire sa satisfaction de ces moments de bonheur qu’elle procure à toutes ces jeunes filles auxquelles elle croit et qu’elle veut faire travailler car « elle est namuroise alors autant l’exploiter et donner leur chance aux filles d’ici ». Mais la notoriété de son agence la prend de court et Ivy doit aujourd’hui, à son grand étonnement, faire face à des demandes émanant des quatre coins de la Belgique ! Quant aux contrats décrochés, ils émanent tant de commerçants ou de marques Belges que des grands noms des maisons de haute couture de Paris ou de prestigieuses manifestations internationales telles que Le salon de l’Auto à Paris. Preuve s’il en est d’une large reconnaissance de son professionnalisme.
L’investissement personnel dont elle fait preuve à tous niveaux semble payant. Car Ivy gère tout : organisation des castings, négociation des contrats, organisation des défilés, chorégraphies, … elle a l’œil sur tout et ne laisse rien au hasard. L’agence est « son bébé » et elle a du mal à déléguer, préférant assumer tout pour être fidèle à l’image qu’elle veut donner. Est-ce sa personnalité forte et charismatique qui fédère ainsi et fait le succès de l’agence ? Sans doute. Mais c’est aussi sa volonté de favoriser les partenariats (avec des figures marquantes comme Dadou Diemert, « casteuse » pour la télé ou Julie Taton, ex Miss Belgique qui est la marraine de l’agence), de faire confiance également à de jeunes stylistes, maquilleurs ou créateurs « car on ne doit pas oublier d’où on vient et qu’il est important pour moi de grandir ensemble ».
Femme pressée, Ivy Saïtta ne tient pas en place. Très sollicitée, elle est sur tous les fronts : tantôt membre d’un jury à l’occasion d’un défilé tantôt organisatrice de l’élection de miss (notamment l’élection de Miss Belgique Province de Namur). Mais elle prend aussi en charge la coordination de défilés de A à Z. Elle en organise dans toutes les villes du pays, fournissant tous les mannequins et assurant un spectacle total, à l’image de « Namur en Mode », défilé exceptionnel, le premier du genre, qu’elle a organisé dans sa ville en collaboration avec de très nombreuses marques de prêt à porter. Un véritable show visuel, empreint de beauté et d’élégance. Devant tant d’éclatante réussite, son ambition semble légitime mais, si Ivy Saïtta n’a pas la prétention « de devenir une grande agence comme celles de Paris », elle envisage cependant, au regard du succès de son agence et des demandes croissantes, d’étendre son activité en créant des bureaux dans d’autres villes de Wallonie.
Aujourd’hui, l’agence est en plein essor. Elle compte déjà plus de 500 personnes dont près de 300 ont, en 6 mois, déjà décroché des contrats ! Un très beau succès et un vrai phénomène surtout qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les choses bougent énormément et Ivy croule sous les demandes et coups de fil incessants. A 33 ans, elle semble avoir réussi son pari : la petite agence qu’elle a créée est devenue si grande qu’à l’heure actuelle, elle est tout simplement la plus importante agence de tout le sud du pays ! L’avenir s’annonce radieux. Une belle revanche pour celle qui a su insuffler de réelles valeurs dans ce milieu si souvent jugé superficiel.


auteur : VALERIE KINKOUNZA, Journaliste
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